Bonsoir,
je viens sur ce forum pour vous parler de la personne qui a transformé ma vie et fait de ces 6 dernières semaines les plus dures (faut pas se voiler la face) et les plus merveilleuses que j'ai vécues. J'espère qu'en ecrivant tout ça et en ayant quelques avis extérieurs j'y verrai plus clair.
Je l'avais vu pour la première fois il y a environ 6 mois de cela lors d'une séance publique à la patinoire ; je l'avais trouvé sympa, le contact facile. Un jeune homme apparemment tout ce qu'il y a de plus à l'aise dans ses baskets. Il s'est écoulé quelques mois avant que nous nous revoyions par hasard dans le même lieu, mois durant lesquels j'avais pas mal pensé à lui. Je ne suis sorti qu'avec des filles auparavant : ça n'a jamais été une réussite totale, loin de là, au point que je m'étais dit que j'étais peut être plus attiré par les hommes : maintenant je me rends compte que je n'avais simplement pas aimé avant cela. Donc grande nouveauté pour moi d'être à ce point hanté par une image masculine. Durant cette deuxième rencontre je n'ai pas pu davantage lutter contre l'évidence : j'aimais être près de lui. Ce n'était pas son corps qui me plaisait mais sa façon d'être, de se comporter, son regard. J'ai été paralysé et n'ai rien tenté. Quelques semaines de torture intèrieure plus tard je me suis lancé, pour la première fois de ma vie : j'ai remué ciel et terre pour le contacter... et j'ai réussi. Et là, c'est un peu comme quand on monte dans un grand huit.
On s'est très bien entendu dès le départ. Après quelques jours il m'a dit qu'il se sentait "elle" et que c'était la source d'un grand malaise pour elle.
J'aurais pu fuir mais elle a voulu être totalement honnête avec moi. De mon côté, le sujet ne m'était pas totalement inconnu : entre les quelques aperçus dans les cours de médecine (tellement éloignés de la réalité humaine), les quelques patientes que j'ai pu rencontrées et mes lectures.
Cela fait 6 semaines que ça dure (pas grand chose aux yeux dde certains, certes).
La situation est difficile pour nous deux :
- pour elle car elle est totalement perdue. Elle vient de reprendre son suivi psy. Ne supporte plus son corps. Ne s'aime pas assez pour aimer quiconque et ne conçoit pas que l'on puisse l'aimer
- pour moi car je ne sais pas comment parler d'elle : si je parle de ma copine, j'ai l'impression de rejeter une partie d'elle même (même provisoire). Si je parle de mon copain, primo pas mal de monde tombe des nues ("t'es avec un mec???") et secundo, j'ai l'impression de rejeter une plus grande partie d'elle. Je ne sais pas non plus comment lui parler : les adjectifs, mots que l'on manie si aisément d'habitude... je ne sais pas si je dois lui dire "T'es chiante aujourd'hui" car elle emploi le masculin le plus souvent en parlant d'elle (certainement l'habitude de se forcer en publique) et pourtant c'est bien comme cela que j'ai envie de lui dire. Je suis perdu aussi sentimentalement : je l'aime, et je n'en ai plus le moindre doute désormais. De son côté elle me dit que je compte énormément pour elle, qu'elle n'a jamais rien ressenti de tel pour qui que ce soit et que c'est plus que de l'amitié.. mais pas de l'amour. Qu'elle est incapable d'aimer pour le moment. Elle est attirée par le corps des femmes mais ne sait pas si c'est "elles" ou "ëtre elles" qu'elle veut. Et moi, pauvre égoïste, je suis perdu au milieu de tout ça. Elle me dit qu'elle ne saura pas quelle place je pourrai avoir tant qu'elle n'aura pas commencé sa transition. Je comprends cela très bien mais j'ai besoin de temps en temps d'être rassuré : alors ce sont des discussions sans fin, qui lui font mal... comme ce matin. Elle ne comprends pas que je puisse l'aimer au-delà des apparences et de son corps ; et pourtant quand je regarde dans ses yeux, au plus profond, tout cela n'est plus...
Je l'aime et je ne veux pas la perdre. Je suis prêt à la suivre, à la soutenir durant ce parcours long et difficile, même si à un moment il devient clair que notre relation ne sera qu'amicale ; on devrait toujours avoir quelqu'un sur qui s'appuyer durant cette période. J'espère que l'on arrivera au bout du chemin ensemble. Je saurai être patient mais je ne sais pas si mes forces suffiront... mais qui sait... avec un peu d'aide...